CointribuneCointribune

Après le piratage de Binance, Coinbase affirme conserver hors ligne plus de 99 % des actifs de ses clients

4 min de leitura

Coinbase joue la carte de la transparence après le piratage de Binance. Le 4 novembre, la plateforme a annoncé conserver plus de 99 % des actifs de ses clients hors ligne. Une précaution importante, alors que le vol de 6,34 milliards de dollars chez son concurrent rappelle que la sécurité des fonds reste un enjeu majeur.

Lisez-nous sur Google News

En bref

  • Coinbase affirme conserver plus de 99 % des actifs de ses clients dans des portefeuilles hors ligne. Les portefeuilles chauds ne gardent que les fonds nécessaires aux retraits.
  • Au 30 septembre, la plateforme déclarait 377 milliards de dollars d’actifs. Sur cette base, environ 3,8 milliards resteraient donc dans des systèmes connectés à Internet.
  • Aucun organisme indépendant n’a confirmé cette répartition. Les audits SOC examinent certains contrôles de sécurité, mais ne certifient pas la proportion d’actifs stockés à froid.

Coinbase dévoile sa stratégie de protection des fonds

Le calendrier n’a rien d’anodin. Cinq jours après la reprise des retraits chez Binance, qui a vu environ 4 milliards de dollars quitter la plateforme, Coinbase a décidé de communiquer sur sa propre sécurité.

Alors que le piratage de Binance a soulevé plusieurs questions, Coinbase met en avant une mesure bien connue du secteur : le stockage à froid. La plateforme a publié son chiffre sur X, accompagné d’un article détaillant ses méthodes de protection.

Concrètement, les portefeuilles chauds restent connectés à Internet et contiennent uniquement les liquidités nécessaires pour traiter les retraits. Coinbase transfère ensuite les fonds excédentaires vers des portefeuilles hors ligne. Son service de conservation institutionnelle fonctionne, quant à lui, entièrement à froid et sépare les avoirs de chaque client.

La plateforme affirme également que les dépôts restent adossés à 100 %, appartiennent à leurs propriétaires et ne servent jamais à des prêts sans leur autorisation. Elle précise enfin que ses infrastructures et ses fonds n’ont subi aucun impact lié à l’incident chez Binance.

Les 3,8 milliards de dollars qui restent connectés

Au 30 septembre, Coinbase déclarait 377 milliards de dollars d’actifs. Si l’on applique son taux de stockage à froid de 99 %, environ 373 milliards se trouvent hors ligne. Le 1 % restant représente donc près de 3,8 milliards de dollars.

Ce montant équivaut à environ 59 % des 6,34 milliards dérobés lors du piratage de Binance. Bien entendu, cela ne signifie pas que cette somme présente le même niveau de risque. Elle rappelle néanmoins qu’une petite proportion peut représenter des milliards lorsque les réserves sont aussi importantes.

Coinbase explique avoir prévu plusieurs barrières de sécurité. La plateforme répartit les clés privées en plusieurs fragments, sans jamais les reconstituer intégralement, même lors d’une signature. Elle impose aussi l’approbation de plusieurs employés pour toute modification en production.

À cela s’ajoutent des systèmes de détection des anomalies, des limites de retrait et des mécanismes d’urgence capables d’interrompre les signatures suspectes.

Ces précautions prennent tout leur sens après l’attaque de Binance. Les pirates n’ont pas forcé un portefeuille froid : ils ont obtenu des signatures valides depuis l’infrastructure interne de la plateforme. Autrement dit, le problème ne se situait pas uniquement dans le coffre, mais aussi dans les mécanismes qui permettent de l’ouvrir.

Après Binance, les déclarations ne suffisent plus

Le chiffre de 99 % reste toutefois une déclaration de Coinbase. Aucun tiers indépendant ne l’a confirmé. Les audits SOC évaluent des contrôles opérationnels précis, mais ne certifient pas la répartition réelle des actifs entre portefeuilles chauds et froids.

Coinbase dispose pourtant de plusieurs garanties réglementaires. Sa filiale de conservation relève du département des services financiers de New York, tandis que l’entreprise dépose des états financiers audités auprès de la SEC et détient des licences dans plusieurs juridictions.

Ces éléments comptent, mais ils ne répondent pas à toutes les inquiétudes des clients.

Après le piratage de Binance, les plateformes crypto ne peuvent plus se contenter d’afficher de grands chiffres pour rassurer leurs utilisateurs. Coinbase a le mérite de communiquer sur ses pratiques. Il lui reste maintenant à faire vérifier régulièrement ses déclarations par un organisme indépendant. Car dans ce secteur, la confiance ne se stocke pas à froid. Elle se construit avec des preuves.