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Le CNC relance son aide aux créateurs de contenu après une polémique sur son impartialité

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Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) relancera en 2027 son fonds d'aide à la création de contenu sur les plateformes sociales, suspendu après une polémique sur son impartialité et des "menaces" visant les membres de sa commission, a annoncé jeudi son président, Gaëtan Bruel.

Ce fonds, destiné à soutenir des créateurs présents notamment sur YouTube ou Twitch, sera doté de six millions d'euros pour 2027, soit le double du montant prévu pour 2026 avant sa suspension.

"Les oeuvres pour les plateformes sociales ont la même dignité que les oeuvres pour le cinéma, pour la télévision, pour les plateformes de vidéos à la demande", a affirmé M. Bruel à la Paris Creator Week.

"Si un projet le justifie, si la commission le décide, on pourra attribuer jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros pour un seul projet", a-t-il ajouté, relevant que le plafond de 30.000 euros pour les projets sera aboli.

L'Union des métiers de l'influence et des créateurs de contenu (l'Umicc) a estimé que l'enveloppe de six millions d'euros constituait "un premier pas", mais restait "en deçà des besoins d'un secteur en pleine structuration".

Le marché français des créateurs de contenu devrait atteindre près de 9 milliards d'euros en 2026, en hausse de 23,7% sur un an, selon une étude du cabinet Coherent Market Insights (CMI) qui met en avant une répartition très inégale des revenus.

La commission du fonds de la CNC avait été accusée de partialité après les propos tenus fin mars sur sa chaîne Twitch par la streameuse Ultia qui y avait été récemment nommée membre.

Elle avait affirmé qu'elle mettrait son veto à tout dossier "proposé délibérément par quelqu'un d'extrême droite". Elle avait été évincée de la commission dans la foulée.

"S'il y a des projets portés par des gens que j'aime bien, c'est d'une évidence sans nom que, si je trouve le projet pertinent, je vais +saucer+ le projet", avait-elle aussi déclaré, provoquant une levée de boucliers sur les réseaux sociaux.

Le CNC, établissement public disposant de recettes affectées pour soutenir les arts de l'image animée, avait mis un terme à la mission d'Ultia en raison de "la méconnaissance grave de ses obligations déontologiques".

La polémique s'est toutefois poursuivie, relayée par des personnalités politiques comme la députée européenne d'extrême droite Marion Maréchal ou l'élu LR François-Xavier Bellamy.

Cela "n'a cessé de croître en intensité sur les réseaux sociaux et dans certains médias, jusqu'à atteindre un niveau d'agressivité inédit, y compris sous la forme de menaces à l'encontre des membres de cette commission et d'agents du CNC", avait alors affirmé M. Bruel.

Le "fonds d'aide à la création pour les plateformes sociales" avait remplacé en début d'année le fonds CNC Talent, en portant sa dotation annuelle de deux à trois millions d'euros.

Cette réforme était motivée "par un besoin de clarification et de recentrage sur des oeuvres de création patrimoniale".

Les projets éligibles sont "exclusivement des oeuvres présentant une forte valeur ajoutée culturelle et artistique" et les journaux et émissions d'information en sont exclus.