NFP du Vendredi 4 Septembre : comment intepréter les chiffres ?

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Performance sacrément inattendue aujourd'hui sur le NFP. On va décortiquer tout ça pour que vous ne reteniez que ce qui doit l’être.

Le rapport sur l’emploi d’août 2026 fait état de 162 000 créations nettes d’emplois salariés hors agriculture, contre 56 000 attendues donc 106 000 postes d’écarts. Ça surprend un peu quand on voit le chiffre sortir de nul part.

Les révisions des deux mois précédents renforcent également le niveau publié : juin a été relevé de 20 000 à 31 000 créations et juillet de −23 000 à +21 000, soit une révision cumulée de 55 000 emplois. Sur trois mois, le rythme moyen ressort toutefois à 71 000 créations mensuelles, ce qui situe la tendance récente très en dessous du chiffre isolé d’août.

Je le rappelle comme d’habitude, mais ce qui nous intéresse c’est la tendance moyen terme corrigée.

Le NFP mesure le nombre d’emplois inscrits sur les fiches de paie des établissements, donc une seule personne qui travaille pour deux employeurs est comptabilisée deux fois. En août 2026, 8,805 millions d’Américains occupaient au moins deux emplois, en données corrigées des variations saisonnières, soit 5,4 % de l’ensemble des personnes en emploi. On est toujours au-dessus des normes historiques.

Sur le mois dernier donc, la composition et les tendances de la population active situent le rythme soutenable à un niveau nettement inférieur, avec une normalisation des effets observés dans la restauration et l’enseignement local ramènerait mécaniquement la création mensuelle autour de 70 000 à 90 000 emplois. Le marché du travail demeure proche du plein emploi au sens du taux de chômage, toujours avec une dynamique d’embauche faible, une offre de travail presque stationnaire et une croissance potentielle désormais contrainte par le vieillissement (les départs à la retraite) et la baisse de l’immigration par les politiques de Trump.

La concentration sectorielle fait que les restaurants et débits de boissons apportent 59 200 emplois, contre une progression mensuelle moyenne habituelle de 12 000 au cours des douze mois précédents. L’enseignement des collectivités locales en ajoute 41 900, après une baisse de 57 500 en juillet. Ces deux branches produisent 101 100 des 162 000 créations du mois, soit 62 % du total.

Leur contribution excède très largement leur tendance récente puisque l’enseignement local a enregistré peu de variation nette depuis janvier 2025 et que la hausse d’août compense en grande partie le recul de juillet et une part de recount des effectifs. Sur ces deux mois, cette branche perd encore 15 600 emplois en données désaisonnalisées, ce qui veut dire que la contribution de 41 900 postes relève principalement d’un déplacement du calendrier de rentrée entre juillet et août. Elle n’établit aucune dynamique d’embauche susceptible de se répéter en septembre ou en octobre …

La restauration présente également un écart exceptionnel par rapport à sa tendance avec entre juillet et août des effectifs bruts non désaisonnalisés qui diminuent de 700 personnes, de 12,6165 à 12,6158 millions, et une série corrigée des variations saisonnières progresse simultanément de 59 200 emplois. Le secteur a connu une baisse brute beaucoup plus faible que celle normalement intégrée par le modèle saisonnier pour un mois d’août. La répétition de 59 200 créations exigerait que la restauration surperforme de nouveau son profil saisonnier d’une ampleur comparable, alors que sa moyenne annuelle de 12 000 emplois par mois donne une référence plus représentative pour les prochains rapports.

Le retour de la restauration à sa moyenne mensuelle de 12 000 emplois retirerait environ 47 000 postes au résultat d’août. Une contribution nulle de l’enseignement local, cohérente avec sa stagnation depuis janvier 2025, en retirerait 42 000 supplémentaires.

Et avec ça, le NFP passerait alors de 162 000 à environ …. 73 000 emplois, avant toute modification dans les autres secteurs. Cette estimation correspond presque exactement à la moyenne de 71 000 créations observée sur juin, juillet et août. Nous allons devoir attendre le mois prochain pour constater si réellement ce sera le cas, mais comme vous pouvez le voir sur ces 3 points rouges, c’est les 3 relevés NFP de chaque rentrée de ces 3 dernières années. On tend de plus en plus vers une dégradation YoY.

La tendance reproductible repose surtout sur la santé, la construction et l’industrie. La santé reste le principal moteur structurel, elle crée 13 000 emplois en août, après une moyenne de 32 000 par mois sur un an. La construction ajoute 22 000 postes, contre une tendance proche de 10 000 par mois, et l’industrie manufacturière 16 000, contre environ 7 000. Ces secteurs peuvent continuer à créer des emplois, avec une contribution mensuelle plus probable autour de 40 000 à 60 000 postes que celle observée ponctuellement en août.

Les secteurs les plus rémunérateurs présentent une tendance moins favorable. L’information perd 23 000 emplois, dans le prolongement d’une contraction moyenne de 8 000 postes par mois. La finance en perd 11 000 et les services professionnels progressent faiblement. Une partie de cette hausse provient du travail temporaire, tandis que l’informatique, la recherche-développement et la publicité réduisent leurs effectifs.

Le taux de chômage passe d’environ 4,09 % à 4,14 % avant arrondissement et reste publié à 4,1 %. La hausse marginale du chômage provient d’une augmentation de la population active légèrement supérieure à celle de l’emploi. Le taux d’activité remonte de 61,4 % à 61,6 % et le ratio emploi-population de 58,9 % à 59,1 %. Le marché a donc absorbé la majorité des nouveaux entrants. En sachant qu’entre août 2025 et août 2026, la population active diminue d’environ 973 000 personnes en données désaisonnalisées et l’emploi recule de 624 000.

Le nombre de chômeurs diminue de 349 000 et le taux de chômage passe de 4,3 % à 4,1 %. Cette baisse du chômage provient en partie de la contraction de la population active (en gros de moins en moins de personnes qui travaillent en constante comparative). Le ratio emploi-population recule de 59,6 % à 59,1 % et le taux d’activité de 62,3 % à 61,6 %. Le taux de chômage conserve donc un niveau faible alors que la proportion de la population effectivement employée a diminué.Le vieillissement contribue directement à la baisse du taux d’activité agrégé.

Donc en soit, on a pas de game changer, juste un effet saisonnier qui arrive très tard par rapport à la Coupe du Monde de Foot.

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