Airbus prévoit de faire décoller sa rentabilité et de racheter des actions
L'avionneur Airbus prévoit d'accroître nettement sa rentabilité d'ici à 2029, ce qui doit lui permettre de racheter des actions, selon des chiffres publiés mardi.
Dans une présentation aux investisseurs depuis Londres, à l'occasion du salon aéronautique de Farnborough, le groupe a indiqué qu'il tablait d'ici 2029 sur un bénéfice avant intérêts et impôts ajusté d'environ 75% supérieur à son niveau de 2025.
L'Ebit ajusté grimperait alors à 12 à 13 milliards d'euros, contre 7,1 milliards d'euros l'an dernier.
Le directeur général Guillaume Faury s'est montré offensif. "Nous sommes aujourd'hui, chez Airbus, à un endroit, dans un marché où la demande est très forte. Nous avons un niveau de visibilité que nous n'avons jamais connu jusque-là", a-t-il déclaré.
Airbus n'a pas modifié ses prévisions pour 2026, mais aura l'occasion de le faire éventuellement avec ses résultats semestriels, publiés le 30 juillet.
La direction s'est félicitée d'avoir obtenu le feu vert de son conseil d'administration pour racheter jusqu'à 5 milliards d'euros de ses actions d'ici à fin 2029.
Entre septembre et décembre 2025, Airbus avait mené un programme de rachats se comptant en centaines de millions d'euros.
"Grâce à la solidité de notre trajectoire financière, nous pensons que c'est maintenant le bon moment pour accélérer le rendement pour les actionnaires", a justifié le directeur financier Thomas Toepfer.
Au niveau commercial, Airbus est porté par une conjoncture favorable aussi bien dans l'aéronautique civile que militaire. Le carnet de commandes déborde, avec quelque 9.200 avions de ligne.
"Il y a beaucoup de demande. Il y a vraiment beaucoup de demande sur toutes les familles de produits", a souligné le directeur commercial dans les avions civils, Lars Wagner.
- "Montée en puissance" -
Le constructeur prévoit un marché mondial de quelque 42.000 avions de plus de 100 places entre 2025 et 2045, soit environ 2.100 par an. Or, ce marché est aujourd'hui partagé entre deux constructeurs, qui en ont livré moins de 1.400 en 2025: 793 pour Airbus, et 600 pour son rival américain Boeing.
Un troisième acteur, le chinois Comac, souhaite remettre en cause ce duopole, mais ne devrait pas avoir la capacité de combler un manque de livraisons qui, ces dernières années, a fait vieillir la flotte des compagnies aériennes.
M. Wagner a indiqué que la demande était vigoureuse dans les gros-porteurs (A330 et A350), "où nous avons d'habitude une part de marché plus faible que notre concurrent" (les Boeing 767, 777 et 787).
Dans ce segment, "nous voulons augmenter notre part de marché", a-t-il avancé.
Guillaume Faury et d'autres cadres de la direction ont répété le leitmotiv d'Airbus, sa "montée en puissance", qui se voit dans les chiffres de 2026.
Il a livré 351 appareils au premier semestre, soit 15% de plus que sur la même période de 2025. Et il vise 870 en 2026.
En juin, il a inauguré dans son usine de Blagnac, à côté de Toulouse, une seconde chaîne d'assemblage pour la famille A320, là où il assemblait jusqu'en 2021 des A380.
Interrogé par un analyste sur une estimation d'une production annuelle de 1.100 appareils en 2029, M. Wagner a répondu: "Ça pourrait être plus que 1.100". Mais, a-t-il précisé, Airbus compte surtout communiquer sur ses mesures financières, plutôt que sur les volumes.
Concernant les activités militaires, "les budgets de défense augmentent. Il ne semble pas que la planète s'apprête à prendre une trajectoire différente en se pacifiant", a fait remarquer le directeur général d'Airbus Defence and Space, Mike Schoellhorn.
Airbus a précisé que ses prévisions supposaient un environnement stable pour le secteur, excluant des événements extrêmes pour le transport aérien et l'industrie aéronautique, comme des bouleversements géopolitiques, de vastes perturbations logistiques, des pandémies ou des changements radicaux de la règlementation.