Crise économique bolivienne : fin de la subvention au diesel, condition du prêt du FMI
La Bolivie a supprimé vendredi la subvention au diesel, conformément à un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 1,9 milliard de dollars alors que le pays traverse sa pire crise économique en quarante ans.
"Nous avons décidé qu'à compter d'aujourd'hui, le diesel coûterait le même prix que celui que nous payons pour l'acheter à l'étranger", a annoncé le président de centre droit Rodrigo Paz dans une allocution diffusée par la télévision publique.
La décision concernant les subventions à l'essence n'a pas encore été prise.
Le gouvernement bolivien centralise les importations d'essence et de diesel, qu'il achète aux prix internationaux avant de les revendre à perte sur le marché intérieur.
Cette politique, en vigueur depuis une vingtaine d'années, pèse lourdement sur les finances publiques. Les autorités accusent également la contrebande transfrontalière de carburant, favorisée par les faibles prix pratiqués en Bolivie, d'alimenter les pénuries.
Le coût des subventions a contribué à épuiser les réserves en devises du pays, réduisant les dollars dont dispose l'Etat pour importer du carburant et d'autres produits essentiels.
Le prêt du FMI s'inscrit dans le cadre d'un programme de réformes économiques d'une durée de 36 mois. Il prévoit notamment la suppression de l'ensemble des subventions aux carburants d'ici 2027, ainsi qu'une réduction du déficit public et d'autres réformes destinées à stabiliser l'économie.
Après les députés jeudi, les sénateurs ont adopté vendredi le projet de loi autorisant ce prêt, qui doit encore recevoir l'approbation définitive du conseil d'administration du FMI.
Peu après son arrivée au pouvoir en novembre 2025, M. Paz avait déjà relevé les prix intérieurs des carburants afin de les rapprocher des cours internationaux. Mais le gouvernement avait de nouveau absorbé une partie de la hausse lorsque la guerre opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran avait provoqué une flambée des cours mondiaux du pétrole.
Dans le cadre de l'accord avec le FMI, les autorités ne pourront plus maintenir artificiellement les prix des carburants à un niveau inférieur à leur coût d'importation. Le gouvernement a toutefois promis d'augmenter certaines dépenses sociales afin d'atténuer les conséquences de cette réforme.
M. Paz avait récemment doublé le prix du diesel pour les gros consommateurs, notamment les agriculteurs, en affirmant que la contrebande transfrontalière alimentait les pénuries.
Cette hausse a suscité des manifestations, sans provoquer jusqu'à présent une reprise des vastes mouvements de contestation et des barrages routiers qui avaient paralysé certaines régions du pays en mai et juin.
Le président avait placé le pays sous le régime de l'état d'exception en juin après plusieurs semaines de manifestations antigouvernementales. Le Parlement a prolongé jeudi ce dispositif de 90 jours face au risque de nouveaux blocages.